lundi 19 août 2013

Brève du potager 6



Pour les habitués il faut bien que je vous parle du potager sinon il faudrait que je change l'intitulé du blog.
J'avoue que ces temps ci, le potager est "en roue libre" aucune action significative qui puisse susciter votre intérêt. Je n'ai toujours pas évacué tout le bois mort que m'a laissé la tempête Chantal du 9 juillet, et je n'ai rien planté ni semé de neuf. Mais j'étais occupé par mes projets photographiques et la mise en place de mon deuxième blog "PHOTOS D'IL".

Sur l'existant seules les laitues en pot et les herbes aromatiques se portent bien.


Tout le reste semble végéter à l'exception des plants de curcuma, malgré les amendements faits avec le compost du centre de traitement des déchet organiques. D'ailleurs des amateurs rencontrés dans les jardineries m'avaient déjà mis en garde contre ce produit, source de moisissures et autres désagréments. Il est tout juste bon à mettre au pied des arbres fruitiers. Dans les pots de plantes ornementales où j'en ai mis, après les pluies il en sort un jus brun salissant. Je n'en rachèterai plus.

Après cette brève très brève, je vous dis

a an lot soley!
                    à un autre soleil!





mardi 13 août 2013

Chateau Aubéry



Aujourd'hui, balade impromptue dans la campagne martiniquaise pour fuir les embouteillages du Lamentin et nous prenons un trajet inhabituel, la route reliant le rond point de la Brasserie Lorraine à la route menant à Carrère. Il s'agit d'une route départementale, la RD6, qui fait le tour de la plaine du Lamentin par les hauteurs du François et de Ducos. Arrivés au quartier Croix Rivail nous passons devant l'entrée du Chateau Aubéry et nous décidons d'aller voir de près ce vestige de la puissance békée.

C'est une construction de trente pièces, de style art-déco , mêlant le béton, la ferronerie, les stucs. Le chateau est à l'abandon, en totale décrépitude, un peu sinistre et squatté par un original qui se fait appeler Lord Byron. Bien sur il n'y a plus de jardin ni de potager dans les dépendances. Les bananeraies voisines semblent monter à son assaut. De temps en temps des visiteurs occasionnels se font taxer. Bien que le lieu soit manifestement habité, nous avons la chance de ne rencontrer personne. J'en profite pour faire quelques photos à la volée avant d'être importuné par d'éventuels squatters.

Ce sont ces photos que je vous livre, et je vous ai mis le lien du Comité martiniquais du tourisme qui vous en retrace l'histoire.


chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

chateau Aubéry

J'espère que la visite aura suscité votre intérêt et vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

mercredi 7 août 2013

Tamariniers



Dans mon billet du 14 octobre 2012, intitulé "Curcuma", je vous avais entretenu de la préparation du colombo par ma grand-mère, dans lequel entrait parfois comme ingrédient supplémentaire du tamarin vert.
Aujourd'hui j'ai l'occasion de vous montrer le tamarinier, autre arbre inscrit dans notre patrimoine culturel. Cet arbre qui devient très vieux aime plutôt les zones basses et séches. On en trouve encore sur le bord de nos plages. Les anciens les ont beaucoup plantés pour agrémenter les places et les jardins publics.

Le grand espace vert de Fort de France, la SAVANNE, comportait des allées de ces arbres majestueux. Mais au fil des ans et des aménagements successifs de celle ci (toujours pas finis), les autorités municipales les ont sacrifiés, ainsi que quelques mahoganis qui ombrageaient les bancs réservées aux promeneurs, au profit de places de parking et de petits arbres urbains dont personne ne connait le nom. A mon sens un vrai massacre dont très peu s'en sont émus.
Heureusement la petite Ville de Sainte Anne semble vouloir préserver en plus des tamariniers de son front de mer, l'allée de tamariniers qui ornent la place de l'église et qui en font un des lieux les plus charmants de la Martinique. Sur les deux photos de la place  qui illustrent mon propos, vous pouvez voir qu'à coté des arbres centenaires, la municipalité a replanté de jeunes tamariniers en remplacement de ceux qui n'ont pas survécu au temps et aux agressions cycloniques.

Ces arbres ont également fait partie de notre enfance, car nous étions très friands de ses gousses, les fameux tamarins. Nous partions en bande pendant les grandes vacances scolaires à la chasse aux tamarins. Mais il y avait deux sortes de tamarins les sucrés et les surs, acides et aigres pour reprendre les mots du petit Larousse. Mais il est absolument impossible de différencier les arbres qui portent des gousses sucrées de ceux qui portent des gousses sures. Tant qu'on ne les avait pas goutées, ont ne savait pas quel arbre ferait notre bonheur.  Une fois le bon trouvé, il restait un secret gardé par la bande

L'autre façon de s'en procurer était d'aller au marché où quelques rares vendeuses les présentaient par petits lots. En plus de  l'usage des gousses vertes pour acidifier les caris, les gousses mures donnaient lieu aussi à la préparation de friandises, les fameux "tamarins glacés". Les tamarins sont entourés d'un glaçage de sucre légèrement caramélisé. On en trouve de temps en temps fabriqués en petite quantité par des artisans spécialisés dans les friandises traditionnelles. Aujourd'hui on trouve des tamarins sucrés importés de Thaïlande dans tous les supermarchés. Des vendeurs à la sauvette nous les proposent parfois sur le bord de la route.

Mais cet arbre servit également à l'éducation des enfants, car ses branches terminales minces et souples servaient de cravaches. Dans mon enfance les punitions corporelles étaient communément admises. J'ai même vu à l'école de Saint-Pierre des mères apporter  au maître d'école une "liane de tamarin" et l'autorisant à s'en servir en cas de manquement. A l'époque on ne rigolait pas avec l'école. Aujourd'hui ces pratiques ont disparu.  


tamarinier, Sainte Anne,
Place de l'église à Sainte Anne et ses vieux tamariniers.


tamarinier, Sainte Anne,
La même place vue de l'église

tamarinier, Sainte Anne,
Tronc boursouflé d'un centenaire.


tamarinier, Sainte Anne,


tamarinier, Sainte Anne,
Fleur de tamarin.


tamarinier, Sainte Anne,
Gousses mures qu'il faut écaler pour en déguster la pulpe car elles sont dures et craquantes.

tamarinier, Sainte Anne,

tamarinier, Sainte Anne,


Vivent les tamariniers et je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

dimanche 21 juillet 2013

Graines de bois d'Inde




Ce billet vient en complément de celui du 24 mai intitulé, "Du potager au... bois d'Inde". En effet je vous avais montré des fleurs de bois d'Inde.
Aujourd'hui après trois mois, la nature a fait son oeuvre, et les fleurs sont devenues des fruits. Ce sont ces fruits verts que j'ai choisi de vous montrer pour compléter mon propos initial.




Ce sont ces petites baies qui, une fois séchées et noircies, vous sont vendues sous le nom de poivre ou piment
 de Jamaïque et que nous appelons en Martinique graine de bois d'Inde.

Maintenant vous avez une vue complète de notre bois d'Inde et je vous dis


a an lot soley !
à un autre soleil !

mardi 16 juillet 2013

Après Chantal



Après la tempête, le boulot ne manque pas. Il faut débiter à la scie toutes les branches tombées et les ébrancher au coutelas. Le travail manuel est vraiment fatiguant et la terre est bien basse.


Il y a dix ans j'aurais tout brulé sur place après un temps de séchage. Mais il y a deux ans le préfet a pris un arrêté interdisant cette pratique. En effet nous sommes entrés dans la modernité, et nous ne supportons plus les odeurs et les fumées.
Nous avons été élevés dans les odeurs fortes de tous les lieux de vie et d'activité, les distilleries, les marchés à poisson, les marchés à viande, les écoles .... Quand nous traversions les bourgs à pied, nous savions qui faisait roussir de la viande ou préparait un blaff de poisson. Mais aujourd'hui nous ne supportons plus les odeurs fortes et les petites nuisances que nous jugions supportables alors. Les odeurs fortes bonnes ou mauvaises faisaient partie de notre environnement.  Nous ne nous déplaçons plus qu'en voitures climatisées et fermées. Les centres commerciaux qui sont les lieux vie les plus fréquentés sont climatisés, aseptisés, parfumés. On vend maintenant des distributeurs de parfum pour les bureaux, après qu'ils aient envahi nos maisons et nos véhicules.

Donc comme je suis entré dans la modernité , je ferai enlever tous ces branchages par camion et la modernité me coutera environ 200 euros. Mais étant un peu récalcitrant ( mais peut-être est ce tout simplement de la nostalgie) je ferai bruler dans le coin le plus retiré du jardin tout le tas de feuilles restantes, risquant un PV de la police municipale si un citoyen zélé me dénonce. Je préviens les commentaires des écolos intraitables  en leur rappelant que le camion au diesel qui fera au moins trois rotations jusqu'à la déchèterie polluera autant sinon plus.

J'ai encore beaucoup de boulot à abattre, alors je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

mardi 9 juillet 2013

Miss météo du jour: Chantal



Hier sur une des chaines télés locales, nous avons eu droit à un reportage sur la situation météorologique en Martinique. Depuis le mois d'avril il pleut régulièrement, et quasiment tous les jours, et là on ne nous a rien appris de neuf.  On nous dit que c'est dû à la situation de la saison des moussons sur l'Afrique. En conséquence les maraichers souffrent, et on nous a montré une vendeuse offrant sur un marché des tomates vertes, faute de soleil pour les faire murir.Tous les autres fruits et légumes locaux sont à la même enseigne mais ils ont oublié de faire un vrai reportage chez les agriculteurs et sur la situation économique de ce secteur.

Cerise sur le gateau nous avons eu droit aujourd'hui au passage d'une tempête tropicale avec des rafales qui sont montés à plus de 100km heure. Elle s'appelle Chantal et est passée vers midi dans le sud de l'ile. Elle n'a pas fait de dégats sur les infrastructures et les habitations. Etant peu chargée en pluie, elle nous a épargné les gros glissements de terrain qui sont de vrais agressions sur le réseau routier. Il y a eu le cortège habituel des branches cassées qui occasionnent quelques ralentissements routiers, ainsi que les deux ou trois points traditionnellement inondés. Les médias comme d'habitude poussent à la dramatisation de la situation, à les écouter on croirait la Martinique sinistrée. Un de nos grands reporters de Martinique 1ère n'a pas eu honte de parler de façon dramatique de deux  bâches mal arrimées sur des structures plus que légères de vendeurs de fruits et légumes sur le bord de la route, et tout était à l'avenant . 
Encore une fois les seuls à avoir vraiment souffert sont les agriculteurs, bananiers couchés par le vent, champs détrempés, récoltes perdues. Chantal est le point d'orgue d'une situation qui se détériore depuis le mois d'avril.

Je ne suis pas en reste, mon potager a reçu son compte de branches cassées, c'est à désespérer de l'agriculture tropicale. J'en ai pour au moins trois jours à tout remettre en état.

Mon carré Mel recouvert de branches cassées.

 Ce petit oranger sur la gauche a échappé de justesse aux chutes de branches.

Les plantes en pot ont été également malmenées.

Les douze plants de laitues que j'ai repiqués dans des pots se sont fait ratatiner par les grains rageurs.
Soyons optimistes et plus que jamais je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

mercredi 3 juillet 2013

Art industriel



Dans mon billet du13 juin, je vous informais du reportage raté sur notre dernière usine à sucre qui avait arrêté son activité pour cause de pluies intempestives . Mais je m'y suis rendu quand même pour une visite amicale à son directeur.

Ce que je vis à cette occasion m'interpella. Je vis des cours et des jardins agrémentés d'installations artistiques. Pas quatre bouts de ficelles et deux caisses mis de guingois que des artistes en mal de création veulent nous faire prendre pour de l'art. J'ai même vu dans un revue de beaux-arts une installation faite de boules de neige en hiver avec des commentaires décoiffants de l'auteur de l'article. Ils nous prennent parfois vraiment pour des cons.

Il s'agit ici de machines hors d'usage mises en scène et tentant de raconter la vie de cette usine. Pour améliorer la chose il serait peut être utile que les pouvoirs publics paient un vrai scénographe pour la mise en scène et en lumière de cette exposition, car il s'agit aussi de notre patrimoine et de la fierté des générations d'ouvriers qui y ont laissé leur sueur. Je vous livre en vrac les squelettes et les ossements de ces machines , qui ont sifflé, grondé, chauffé, broyé la canne et produit le sucre sous la conduite des hommes.










La procession des machines....


Le grand totem

















Et comme toujours je vous dis

a an lot soley !
a un autre soleil !