mardi 3 février 2015

Tout va bien



Voila longtemps que vous n'avez de mes nouvelles.
 Je ne vous ai même pas présenté mes voeux pour 2015, nous sommes déjà en février, mais mieux vaut tard que jamais alors je le fais maintenant.
Il faut dire que la fin de l'année m'a apporté nombre de déboires, et de préoccupations qui m'ont tenu loin du clavier et du jardin. Aux nombres de ceux-ci, citons l'effondrement d'un mur de soutènement après les fortes pluies de novembre, la chute d'un énorme arbre le 30 décembre. Heureusement ce dernier a eu le bon goût de ne pas tomber sur mon épouse qui passait tous les matins en dessous, et a épargné également la maison. Rétrospectivement nous avons eu très chaud.

Glissement de sol et effondrement du mur de soutènement


Reconstruction d'un nouveau mur aux normes durant le mois de janvier
qui fut heureusement sec.
Sur cette photo vous pouvez vous rendre compte de la dimension de l'arbre. Il s'agissait d'un énorme poirier
 envahi par un figuier maudit.


Vous devez bien imaginer tous les soucis, préoccupations, démarches auprès des assureurs et travaux que ces accidents ont occasionné. Tout cela couronné par les assassinats terroristes de Paris.

Je dois dire que dans ces circonstances tragiques, alors qu'une jeune martiniquaise faisait partie des victimes, nos élus ont été bien discrets, et n'ont été à l'origine d'aucune manifestation locale pour la défense de la démocratie, de la laïcité et de la liberté d'expression. Enfant de la république et de l'école laïque , je l'ai regretté.

Mais ne nous laissons pas abattre. Malgré tous ces déboires de fin d'année (et je ne les ai pas tous énuméré), je suis d'un caractère plutôt optimiste et je pense que les choses ne pourront que s'améliorer. D'ailleurs le lien avec le potager, aussi ténu qu'il soit ne s'est pas rompu. Je vous mets à cet effet quelques photos de rescapés en pot.

céleri

Citronnelle

oignon-pays

Thym

piment

Oignon-pays dans leur gouttière

Piment
Comme toujours je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

mardi 16 décembre 2014

Cueillette de corossols




Dans mon billet du 10 janvier 2014, je vous avais présenté mon corossolier , qui à l'époque était en fleur. Depuis, il n'arrête pas de porter. Hier, malgré les prélèvements opérés par les oiseaux, les chauve-souris ou les manicous, j'ai pu faire une cueillette  importante. Six beaux corossols dont certains devaient dépasser le kilo. Bien sur ils ont été distribués dans la famille.

A cette occasion j'ai découvert par ma mère une façon, qui m'était jusqu'alors inconnue, de consommer les corossols, durant la seconde guerre mondiale. En effet sitôt la signature du traité d'armistice du 24 juin 1940 entre la France et l'Allemagne, les américains et les anglais organisèrent le blocus de l'ile, d'autant qu'au début de ce même mois de juin, 350 tonnes d'or fin de la Banque de France avaient été mises en sureté in extrémis en Martinique et stockées au fort Desaix sur les hauteurs de Fort de France.

Ce blocus aggrava la pénurie des biens de consommation courante, et les martiniquais firent preuve d'inventivité pour assurer le quotidien, comme faire cuire à l'eau les corossols verts et les consommer en légume. Au dire de ma mère, qui était une jeune adolescente à l'époque, ce n'était pas terrible comme légume. Et on comprend qu'à la fin de la guerre on oublia rapidement ce mode de consommation et que je ne le découvre que maintenant, au hasard d'un souvenir familial enfoui et qui refait surface, plus de soixante dix ans après, à l'occasion ce cette cueillette.


De gros coeurs verts hérissés de pointes.


La part réservée à la faune sauvage. 



Celui-ci fait partie des fruits qui, accrochés haut dans l'arbre, ont échappé à la cueillette.



Et comme toujours je vous dis

a an lot soley !
               à un autre soleil !

lundi 13 octobre 2014

M. Négouai ébéniste et menuisier



Aujourd'hui j'étais à Basse-Pointe à la recherche du monument aux morts de la commune. En effet j'ai entrepris de faire l'inventaire photographique de ces monuments érigés dans toutes les communes de l'ile, en souvenir des martiniquais morts durant la première guerre mondiale.

Celui de Basse-Pointe est installé dans le cimetière en bordure d'une falaise surplombant l'Atlantique. Les tombes ont une vue imprenable sur l'océan.  Après avoir pris quelques clichés, en sortant du cimetière je découvre un atelier de menuiserie, coincé entre le dit cimetière et le bord de la falaise.



M. Négouai  est autant ébéniste que menuisier.

 Comme d'habitude ma curiosité et mon intérêt pour la Martinique authentique me firent pénétrer dans l'atelier. Là j'y découvris M. Négouai le maître des lieux. L'odeur de la sciure et des copeaux firent remonter des souvenirs du menuisier de mon enfance, M. Minot, qui en plus des meubles fabriquait également des cercueils. J'aimais l'odeur du bois, de la colle qu'à l'époque on chauffait avant de la poser, et surtout celle du vernis à l'alcool et à la gomme laque, qu'on passait et repassait, longuement au tampon par petits mouvements circulaires, jusqu'à obtention d'un glacis parfait. Je me souviens d'avoir passé de longs moment à observer les compagnons faire fondre la colle dans un vieux récipient noirci sous le feu des copeaux. Mais le plus fascinant était de voir le travail du vernisseur, frottant inlassablement une table ou les panneaux d'une armoire .

Avec M. Négouai nous avons longuement parlé du métier qui disparait. Lui même m'avoua qu'il n'utilisait plus cette technique et qu'il s'était rallié aux vernis synthétiques plus rapides et simples  à poser. Il n'avait pas  continué sur ce point la tradition de son grand-père et de son père dont il avait pris la relève. Il reste tout de même un artisan travaillant sur mesure et dans les règles de l'art, avec du vrai bois assemblé à l'ancienne, queues d'aronde, tenons et mortaises, chevilles, malgré les concessions faites aux colles et vernis modernes et à l'outillage électrique.
Comme toujours je vous mets quelques images de cet atelier plein de copeaux et d'odeurs d'essences de bois.

M. Négouai à l'oeuvre.

Battants de fenêtre et montant de lit en attente.

Pas de machines à commande numérique tout se règle à ma main.







Si vous avez  envie d'une porte d'entrée traditionnelle, d'une porte western pour votre cuisine ou d'un lit créole à colonnes, M. Négouai est votre homme. Il a toujours des plateaux bien secs de mahogany rose, d'acajou ou de bois blanc. Bien sur tout cela a un coût mais c'est celui de l'authenticité.

Après cette visite je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

mercredi 8 octobre 2014

Pergola pour mon plan de maracudja



Je vous avais déjà entretenus de mon plan de maracudja que je faisais courir le long de ma clôture. Il s'est énormément développé, à tel point qu'il mettait en péril ma fragile clôture , a étouffé un citronnier qu'il avait pris en grande affection, et partait à l'assaut de mon pied de bois d'Inde. Il était temps que je réagisse.

Après de longs mois de procrastination je lui ai enfin construit une pergola pour le civiliser, canaliser son énergie et aussi mieux récolter ses fruits. Pour ce faire, il m'a fallu quatre piquets en bois de deux mètres,  deux planches de trois mètres de long et de douze centimètres de large, quelques vis, une scie égoïne, et enfin de fil de fer galvanisé de clôture pour haubaner solidement le tout. Grâce à "mes deux neurones que je me prête" pour paraphraser quelqu'un de bien connu, et à beaucoup de sueur l' ''édifice", en forme de pyramide tronquée, fut rapidement construit.

Mais le plus difficile restait à faire , comment déménager l'amas de lianes de ses supports antérieurs vers son nouvel espace? 
J'ai d'abord coupé toutes les lianes qui grimpaient au pied de bois d'Inde, ensuite,  j'ai coupé le citronnier mort, et au sécateur j'ai dégagé le tout de la clôture sans trop faire de dégâts.  Une fois tout ce travail accompli , tel Atlas, j'entrai sous la masse de feuilles, de lianes et de fruits, la soulevai pour en transporter la plus grande partie possible sur la pergola, et orienter les nouvelles pousses dans le bon sens.

En toute modestie, je trouve que le résultat est satisfaisant.





a an lot soley !
a un autre soleil !

mardi 30 septembre 2014

Sargasses au Robert




En 2011, les martiniquais découvraient les algues sargasses. En effet pour la première fois de mémoire d'homme les côtes martiniquaises étaient envahies d'algues en provenance de la Mer des Sargasses. Le phénomène intrigua, causa quelques nuisances et gêna sur plusieurs étapes, le Tour des Yoles de la Martinique. 

Le phénomène qui dura environ trois mois, malgré les nuisances occasionnées, fut assez vite oublié. Mais en juin de cette année soit deux ans après, voila qu'il réapparait. Depuis le mois de juin des vagues régulières d'algues envahissent notre littoral. Les masses d'algues dérivantes semblent bien plus importantes qu'en 2011.
Concernant mes propres observations, j'ai pu voir l'arrivée d'une nappe importante qui ce matin a tapissé sur plusieurs hectares tout le fond de la baie du Robert. Tôt ce matin sur le front de mer beaucoup de robertins sont venus voir de près et photographier ces sargasses, ils étaient tous ébahis et chacun allait de ses interrogations, explications ou fantasmes , sans compter ceux qui avaient des solutions radicales pour leur élimination.

PHOTOS DU FRONT DE MER DU ROBERT









Mais d'où viennent ces algues et pourquoi dérivent elles jusque sur nos côtes?

Selon le professeur Guy Saffache de l'Université des Antilles et de la Guyane, ces algues viennent bien de la Mer des Sargasses où elles se concentrent en des masses incommensurables. Selon lui, si elles dérivent jusqu'à nous , c'est que se forment dans la Mer des Sargasses des gyres, c'est à dire de grands tourbillons puissants, qui expulsent une petite partie de la masse des algues stockées sur place. Ces flots d'algues remises dans le système des courants marins de la région, dérivent vers le sud-ouest et atterrissent sur l'arc que forment les iles de la Caraïbe et jusqu'en Colombie. Ces gyres sont apparemment des phénomènes nouveaux que les scientifiques ne sont pas encore en mesure d'expliquer. Le professeur Saffache rejette l'hypothèse du réchauffement climatique, tarte à la crème de tous les phénomènes inexpliqués. 

Ces algues sont une vraie nuisance. Elles rendent impraticables nombre de plages , gênent tous les professionnels du tourisme maritime et de la pêche avec tous les impacts économiques négatifs que cela induit.
Mais le littoral étant très urbanisé, une bonne part de la population pâtit également de la situation. Lorsqu'elles pourrissent sur place les sargasses dégagent de l'hydrogène sulfuré, en conclusion ça sent l'oeuf pourri et il vaut mieux être au vent et non sous le vent de ces masses d'algues. Certaines personnes très exposées souffrent de pathologies respiratoires.
De plus ces gaz soufrés attaquent les connexions électriques et causent de nombreuses pannes aux télés, frigos, ordinateurs... 

Les municipalités face à ce problème nouveau n'ont pas les équipements adaptés,( pas de "chasse-algue"), ni prévu les crédits pour leur ramassage. Les quelques centaines de milliers d'euros mis en urgence à leur disposition par l'Etat, la Région et le Département semblent dérisoires face à l'ampleur de la tâche. Il conviendra de mettre en place pour l'avenir un plan anti algue élaboré en concertation avec toutes le parties et inscrire les crédits pour les investissements et les surcouts des personnels à recruter pour la période d'invasion.

Mais tout n'est pas négatif, certains agriculteurs se servent des algues pour fumer leurs champs, et j'ai même vu un maraicher avancer que cela faisait diminuer de 30% ses apports en engrais chimique qui lui n'est pas gratuit. Un jeune éleveur de caprins en fait une décoction avec laquelle il traite ses bêtes contre les tiques avec semble t'il de bons résultats. Mais tout cela est encore très artisanal et empirique et il conviendrait que les autorités agricoles fassent faire des études sur ces questions.

Quant à moi j'en ai ramassé que je mets aux pieds de mes agrumes, orangers, citronniers, mandariniers. J'en ramasserai  d'autres afin de faire du compost pour mes plantations en pots.


Sur ces bonnes paroles je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !

lundi 29 septembre 2014

Rhum JM



Aujourd'hui dimanche et nous avons décidé de faire une ballade sur la côte nord atlantique.
Chaque fois qu'il nous vient cette idée nous sommes toujours déçus de voir que rien n'est fait pour attirer le visiteur. Le dimanche, malgré la luxuriance de la nature et la beauté des paysages, entre Sainte-Marie et Grand Rivière, c'est le grand vide à la différence de tout le reste de l'ile. Cela doit venir du manque de plages et du caractère inhospitalier de la côte dans cette région.

Heureusement nous avons trouvé un but, nous rendre à la distillerie Crassous de Médeuil, ouverte au public le dimanche, et où se fait le fameux rhum JM, ce qui m'a permis de continuer ma présentation des distilleries de la Martinique.         

Elle est nichée sur les flancs de la Montagne Pelée, sur le territoire de la commune de Macouba, au fond d'une coulée dénommée Fond Préville où serpente au milieu des roches volcaniques une petite rivière.

La bien nommée "Rivière Roches".

La distillerie est située juste sur un replat surplombant la rivière. Cela faisait des années que je n'y étais pas allé. Dans mon souvenir c'était un lieu pas très accueillant couvert de tôles plus ou moins rouillées, où toute trace de peinture semblait bannie. Qu'elle ne fut ma surprise de découvrir un lieu que je ne reconnaissais pas, tout y avait changé.
Tout d'abord le site a fait l'objet d'un aménagement paysager transformant les lieux en un parc, avec sa pièce d'eau, de multiples fleurs comme les balisiers et les gingembres, de nombreux palmiers sans compter les majestueux bambous bordant la rivière. On y trouve aussi quelque arbres vénérables couverts de plantes épiphytes, et un oeil averti pourra y découvrir des cacaoyer et des caféiers.





Cabosses vertes du cacaoyer.

Les  épiphytes ont trouvé leur biotope.
Tous les bâtiments sont pimpants et les lieux ont été aménagés pour accueillir au mieux le touriste.  
Ces aménagements on fait l'objet d'une vraie réflexion scénographique mettant en valeur les rhums JM. Des photos l'illustreront mieux qu'un long discours.



Le tapis rouge de l'entrée.

Le créateur de la marque JM, Jean Marie Martin. Il identifiait ses fûts par ses initiales JM pour leur
embarquement à Saint-Pierre à destination de la France. 

La boutique où on peut déguster avant achat.

Hublot sur le laboratoire

Vue sur un partie de l'atelier des senteurs, là vous pouvez découvrir les équilibres subtils des différents crus.


Au sortir des lieux, en haut de la coulée, par dessus le foisonnement végétal on aperçoit à l'horizon l'Océan Atlantique, et sous la couche nuageuse le profil estompé de la Dominique.

Aujourd'hui je n'ai pu vous montrer que la surface des choses, car bien sur la récolte de la canne est finie et la distillerie ne fume pas. Ce dimanche sur place il n'y avait que les deux hôtesses de la boutique. Bien évidemment dès la récolte de l'an prochain je ne manquerai pas d'y retourner pour vous montrer comment s'élaborent les rhums JM et vous présenter, s'ils le veulent bien, ceux qui  par leur labeur et leur savoir faire y contribuent.

Même hors période de récolte la visite des lieux vaut le détour et vous pourrez après dégustation, comme je n'ai pas manqué de le faire, acquérir une ou plusieurs bouteilles.

Et comme toujours je vous dis

a an lot soley !
à un autre soleil !